Le prix de la liberté
Ce matin l’alarme sonne comme dab, je regarde mon portable et me rends compte qu’il est l’heure de se lever et aller au taff. J’ai la tête pleine d’idées qui se bousculent une par dessus l’autre comme si elles étaient en compétition afin que j’en privilégie l’une plus que l’autre. Je me dis encore 15 minutes de sommeil et, puis, je m’esquiverais du lit. Je n’avais aucun goût de me rendre au travail m’asseoir devant un écran entouré d’une clôture grise qui sépare mon cabinet du celui des autres employés, je devrais plutôt dire prisonniers. Pourquoi j’utilise le terme prisonnier vous diriez-vous sans doute, tout simplement parce que nous ne sommes pas libres. Nous sommes enfermés dans la société dans laquelle on vit, celle qui nous impose ses règles et ses normes. Si on essai de sortir du cercle tracé par les gens au grand sens moral nous sommes foutus. Nous serons des rejets de la société, ceux sur qui on peut jeter le blâme pour tout et rien.
La question que je me pose est la suivante : Sommes-nous libres? Du fait, il faudrait définir qu’est-ce que la liberté et peut-on être entièrement libres. Pour être honnête, je dirais qu’on pourrait en débattre pendant des jours et que ça ne serait pas coulé dans le béton. Ma définition de la liberté et aussi simple que le fait de ne pas être restreint dans ses actions qui ne font aucun dommage à un autre individu. Je ne suis pas libre juste du fait que je devais me rendre au travail ce matin. Bien sur j’ai le choix de quitter mon emploi, on a toujours le choix. Mais que fais-je de la dépendance financière qui m’enferme dans toutes ses règles? Des normes de réussites imposées dans ce milieu individualiste dans lequel je me retrouve où chacun engrange le plus de blé possible sans se soucier de ce que son prochain aura? On vit ensemble sans se connaître! On se regarde les uns et les autres sans se voir! Bon je dévie un peu du thème que je voulais aborder.
C’est en voyagent, que pour la première fois, je me suis interrogé sur la réelle question de liberté des individus. J’étais en Espagne, je crois, à Barcelone avec deux très bons potes à moi, puis un matin j’avais décidé de passé la journée tout seul, d’aller me dissoudre dans la masse, me brancher dans la ville, dans ses racoins les plus perdus, respirer Barcelone quoi. J’ai donné rendez-vous à mes amis devant un bar aux alentours des 21 heures et, puis, je suis parti me balader. L’hôtel dans lequel on se trouvait se situait qu’à quelques pas de La Rambla, alors inévitablement j’allais faire partie de cette meute touristique qui se propage sur l’embolismique boulevard. Je me suis dis, il faut que je sorte de cet orchestre humain le plus rapidement possible. En me faufilant entre des gens j’ai aperçu ces 4 hommes dont l’âge, selon mon approximation, variait entre 20 et 30 ans. Ils étaient des artistes, mais pas des artistes tels les normes de la société les décrivent, des artistes de la rue. Si j’ai à décrire ce qu’ils faisaient avec quelques mots seulement, je dirais qu’ils sont une sorte de gymnastes-acrobates. Leur spectacle se mettait en branle puis, je me suis dis pourquoi ne pas prendre un repos de ma marche exténuante dans cette masse. Avec force, coordination, originalité, beauté et sens de spectacle ils ont su capter l’attention des spectateurs présents au plus haut degré. Ces gens, ces artistes urbains, avec leurs acrobaties animent des dizaines de personnes et ils vivent des dons qu’ils reçoivent. Après le spectacle j’ai glissé quelques pièces, que j’ai trouvé au fond de mes poches, dans le chapeau qu’un des artistes urbains avait entre les mains afin de récolter un peu d’argent. Patiemment je suis resté là à attendre que la foule se disperse afin de les féliciter et de leur dire quelques mots d’encouragement et d’admiration. Deux d’entre eux ne parlait que l’espagnol, le plus jeune du groupe s’adressa en français. Je les avais félicité et puis on a commencer à converser banalement. Ces braves hommes traversaient ainsi le continent en faisant ce qu’ils aimaient le plus au monde, c’est à dire défié la physique et s’adonner à la pratique de la force corporelle. Je voulais savoir d’où ils venaient mais je suis resté sans réponse, plutôt avec une réponse qui me porta à réfléchir jusqu’à aujourd’hui. Le monde est notre maison, nous sommes les habitants de la planète terre, la rue est notre scène, nous n’appartenons à personne, ni a un lieu, ni à une société, ni à un pays, nous sommes libres. Ses mots ont résonné dans ma tête tel le bruit d’une explosion qui se produit entre deux montagnes. Ils m’ont sourit et puis, je suis parti continuer ma balade. La question, que je me suis, posé et que je vous pose aujourd’hui sont t’ils moins bons à cause de ce qu’ils font et de leur style de vie que vous tous? Ont-ils moins de succès dans la vie? Sont-ils plus malheureux? J’en doute, j’en doute fort. Ils organisent des regroupements, fondent des amitiés dans un nombre extrême et si seulement vous penseriez à ce nombre vous tomberez malades. Essayez d’établir combien une personne dite normale, fait de connaissances au cours de sa vie. Vous avez un nombre? Multipliez le par 1000. Là est le trésor de ses gens, là est l’or de la liberté. Voir le monde entier, connaître les différentes cultures et plusieurs nations à un niveau autre que la face abstraite des normes, sociétés et politiques. La force de se fondre à n’importe quelle communauté de réussir partout, car leur instinct d’adaptation dans chaque situation est phénoménal grâce à leur liberté. Mais la liberté elle a un prix, elle se paye de bien des manières! Avec tout ce que je viens d’écrire, je me rends compte que d’une seule certitude c’est que nous avons toujours le choix dans la vie. Nous faisons des choix et devons les faire. Mais sommes-nous libre de choisir?